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Succession d'un expatrié français : quels droits de succession s'appliquent ?

6 min de lectureOutilssuccession expatrié français droits

La succession d'un expatrié : un sujet complexe et coûteux

Quand un Français expatrié décède ou quand un héritier résident français reçoit des biens d'un défunt étranger, la question se pose : quel pays taxe la succession ? La réponse est rarement simple, et les montants en jeu peuvent être considérables.

La France dispose d'un système de droits de succession parmi les plus élevés au monde (jusqu'à 45% en ligne directe, 60% entre non-parents). Comprendre les règles permet d'anticiper et d'optimiser légalement.

Les 3 cas de figure : qui paie quoi ?

Cas 1 — Défunt résident fiscal français

La France taxe l'ensemble du patrimoine mondial du défunt, quel que soit le lieu de résidence des héritiers et la localisation des biens.

Cas 2 — Défunt non-résident, biens en France

La France taxe uniquement les biens situés en France (immobilier, comptes bancaires français, parts de sociétés françaises). Les biens à l'étranger ne sont pas taxés en France.

Cas 3 — Défunt non-résident, héritier résident français (règle des 6/10 ans)

Si l'héritier est résident fiscal français depuis au moins 6 ans au cours des 10 dernières années, la France taxe l'ensemble des biens reçus, y compris ceux situés à l'étranger.

Situation Ce que la France taxe
Défunt résident FR Patrimoine mondial
Défunt non-résident, biens en France Biens situés en France uniquement
Défunt non-résident, héritier résident FR (6/10 ans) Patrimoine mondial reçu
Défunt non-résident, héritier non-résident FR Biens situés en France uniquement

Les droits de succession en France : barème 2026

En ligne directe (parent → enfant)

Tranche Taux
Jusqu'à 8 072 € 5%
De 8 072 € à 12 109 € 10%
De 12 109 € à 15 932 € 15%
De 15 932 € à 552 324 € 20%
De 552 324 € à 902 838 € 30%
De 902 838 € à 1 805 677 € 40%
Au-delà de 1 805 677 € 45%

Abattement : 100 000 € par parent et par enfant (renouvelable tous les 15 ans).

Entre frères et sœurs

  • Abattement : 15 932 €
  • Taux : 35% jusqu'à 24 430 €, puis 45%

Entre non-parents

  • Abattement : 1 594 €
  • Taux : 60%

Comparaison internationale des droits de succession

Pays Taux maximum Abattement ligne directe
France 45% 100 000 €
Belgique (Bruxelles) 30% Variable
Royaume-Uni 40% 325 000 £
Allemagne 30% 400 000 €
États-Unis 40% ~13,99 M$ (2025, montant 2026 à confirmer selon l'évolution du TCJA)
Suisse Variable par canton Variable
Portugal 0% (ligne directe) N/A
EAU (Dubaï) 0% N/A
Singapour 0% N/A

Certaines destinations d'expatriation sont donc très avantageuses en matière de succession. Consultez nos guides par pays : Belgique, Royaume-Uni.

L'assurance-vie : un outil clé pour les expatriés

L'assurance-vie bénéficie d'un régime fiscal dérogatoire en matière de succession :

Primes versées avant 70 ans (article 990 I CGI)

  • Abattement de 152 500 € par bénéficiaire
  • Taxe de 20% sur la fraction entre 152 500 € et 852 500 €
  • Taxe de 31,25% au-delà

Primes versées après 70 ans (article 757 B CGI)

  • Abattement global de 30 500 € (tous contrats confondus)
  • Réintégration dans la succession pour le surplus

Spécificité expatrié

Si le souscripteur n'était pas résident fiscal français au moment de son décès ET au moment du versement des primes, les capitaux décès échappent aux prélèvements des articles 990 I et 757 B. C'est un avantage considérable pour les expatriés de longue durée.

Attention : si le bénéficiaire est résident fiscal français (règle des 6/10 ans), les capitaux reçus peuvent être imposés en France au titre des droits de succession classiques.

Pour les contrats luxembourgeois, consultez notre guide sur l'assurance-vie luxembourgeoise pour expatriés.

Conventions fiscales sur les successions

La France n'a que 33 conventions fiscales en matière de successions. Les principales :

  • États-Unis : convention de 1978 — les biens sont imposés dans le pays où ils sont situés, sauf les biens mobiliers (imposés dans le pays de résidence du défunt)
  • Suisse : pas de convention sur les successions depuis la dénonciation de 2014
  • Belgique : convention dénoncée en 2022 pour les successions (applicable jusqu'en 2023)
  • Royaume-Uni : convention de 1963 — les biens immobiliers sont imposés dans le pays de situation, les biens mobiliers dans le pays de résidence du défunt
  • Allemagne : convention de 2009 — modèle similaire

Sans convention : risque de double imposition. La France accorde un crédit d'impôt unilatéral limité dans certains cas (article 784 A CGI), mais il ne couvre pas toujours l'intégralité de l'impôt étranger.

Stratégies d'anticipation

1. Donation de son vivant

Utilisez les abattements renouvelables tous les 15 ans (100 000 € par enfant en ligne directe). Consultez notre guide sur la donation de bien immobilier pour expatrié.

2. Démembrement de propriété

Donnez la nue-propriété en conservant l'usufruit. Au décès, l'usufruit s'éteint et la pleine propriété revient au nu-propriétaire sans droits de succession.

3. Assurance-vie structurée

Maximisez les versements avant 70 ans pour profiter de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire.

4. Choix du pays de résidence

Certains pays n'ont pas de droits de succession (Portugal en ligne directe, Dubaï, Singapour). Le choix du pays de résidence au moment du décès a un impact majeur.

Les démarches en cas de décès d'un expatrié

  1. Déclaration de succession auprès du consulat français du pays de résidence
  2. Déclaration de succession en France (formulaire 2705) si biens en France ou héritier résident français
  3. Vérification de la convention fiscale applicable
  4. Évaluation des biens (expertise immobilière, valorisation des parts)
  5. Paiement des droits (délai de 12 mois si décès à l'étranger, 6 mois en France)

Pour une analyse personnalisée, demandez votre bilan fiscal gratuit ou contactez-nous.


Cet article est fourni à titre informatif. Les règles fiscales décrites sont celles en vigueur en mars 2026. Consultez un notaire et un fiscaliste pour votre situation personnelle.

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Questions fréquentes

Un Français expatrié est-il soumis aux droits de succession français ?
Cela dépend de plusieurs critères. Si le défunt était domicilié fiscalement hors de France, seuls les biens situés en France sont soumis aux droits de succession français. Cependant, si l'héritier est résident fiscal français et l'a été pendant au moins 6 ans au cours des 10 dernières années, la France taxe l'ensemble des biens reçus, où qu'ils soient situés dans le monde. C'est la règle du 'lien suffisant avec la France'.
La règle des 10 ans s'applique-t-elle encore en 2026 ?
Oui. L'article 750 ter du CGI prévoit que si l'héritier (pas le défunt) est domicilié en France et l'a été pendant au moins 6 ans au cours des 10 dernières années, la France impose la totalité de la succession reçue, y compris les biens situés à l'étranger. Cette règle s'applique même si le défunt était non-résident et n'avait aucun bien en France.
L'assurance-vie est-elle imposable en cas de succession d'un expatrié ?
Les capitaux décès d'un contrat d'assurance-vie français sont soumis aux prélèvements prévus par l'article 990 I CGI (abattement de 152 500 € par bénéficiaire puis taxe de 20% jusqu'à 700 000 € et 31,25% au-delà) si le souscripteur était résident fiscal français au moment du versement des primes. Si les primes ont été versées après 70 ans, l'article 757 B s'applique avec un abattement de 30 500 € global. Pour un expatrié ayant souscrit hors de France, les règles peuvent être différentes.
Existe-t-il des conventions fiscales sur les successions ?
Oui, mais elles sont rares. La France n'a signé que 33 conventions fiscales en matière de successions et donations (contre plus de 120 conventions sur les revenus). Les pays couverts incluent les États-Unis, l'Italie, la Suisse, la Belgique (dénoncée en 2022 pour les successions), le Royaume-Uni, l'Allemagne, et quelques autres. Pour les pays sans convention, le risque de double imposition sur les successions est réel.

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Avertissement légal : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. La fiscalité évolue régulièrement et les situations individuelles varient. Avant toute décision, consultez un conseiller fiscal qualifié et vérifiez la réglementation en vigueur dans votre pays de résidence.