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Revenus fonciers des non-résidents : micro-foncier ou régime réel, comment choisir en 2026 ?

7 min de lectureOutilsrevenus fonciers non-résident micro-foncier régime réel

Une décision technique qui pèse directement sur l'impôt

Un non-résident fiscal qui a conservé un bien loué nu (non meublé) en France doit chaque année déclarer les loyers perçus, mais aussi choisir — ou subir par défaut — le mode de calcul de son revenu net imposable. Deux régimes coexistent : le micro-foncier, forfaitaire et simple, et le régime réel, plus contraignant mais souvent plus avantageux lorsque les charges sont élevées. Ce choix, purement technique en apparence, peut faire varier l'impôt dû de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros selon la situation du bien.

Ce guide explique les seuils, le fonctionnement de chaque régime et la manière de trancher, dans le cas spécifique — mais fiscalement identique à celui d'un résident — du propriétaire non-résident.

Le régime micro-foncier : simplicité et abattement de 30%

Le régime micro-foncier s'applique de plein droit dès lors que le total des revenus fonciers bruts du foyer fiscal, toutes locations nues confondues, ne dépasse pas 15 000 € par an. Il consiste à appliquer un abattement forfaitaire de 30% sur les loyers bruts déclarés, censé couvrir l'ensemble des charges (travaux, taxe foncière, assurance, frais de gestion, intérêts d'emprunt), sans qu'il soit nécessaire de les justifier individuellement.

Concrètement, un non-résident qui perçoit 10 000 € de loyers annuels sur un studio parisien déclare simplement ce montant en case 4BE de sa déclaration de revenus ; l'administration applique ensuite automatiquement l'abattement, ce qui ramène le revenu net imposable à 7 000 €. Aucune facture, aucun justificatif de charges à conserver — un atout non négligeable pour un propriétaire installé à des milliers de kilomètres du bien.

Ce régime convient particulièrement aux biens sans emprunt en cours et sans gros travaux prévus, où les charges réelles restent modestes par rapport aux loyers perçus.

Le régime réel : déduire les charges effectives

Le régime réel s'applique automatiquement au-delà de 15 000 € de revenus fonciers bruts annuels, ou sur option volontaire en dessous de ce seuil. Il permet de déduire l'intégralité des charges réellement supportées :

  • les intérêts d'emprunt et frais de dossier liés au financement du bien ;
  • les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration (à l'exclusion des travaux de construction ou d'agrandissement, non déductibles) ;
  • la taxe foncière ;
  • les primes d'assurance, notamment l'assurance propriétaire non-occupant (PNO) ;
  • les frais de gestion locative, souvent incontournables pour un propriétaire non-résident qui délègue la gestion du bien à une agence sur place ;
  • les charges de copropriété non récupérables auprès du locataire.

Lorsque le total de ces charges dépasse les loyers perçus, un déficit foncier apparaît. Il s'impute, hors part correspondant aux intérêts d'emprunt, jusqu'à 10 700 € par an sur les autres revenus de source française imposables du non-résident, l'excédent étant reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Ce mécanisme profite pleinement aux non-résidents qui possèdent plusieurs biens locatifs en France ou d'autres revenus fonciers susceptibles d'absorber le déficit.

Exemple chiffré

Karim, expatrié aux Émirats arabes unis, loue nu un appartement à Lyon pour 14 400 € de loyers bruts annuels. Il a engagé 6 000 € de travaux de rénovation cette année-là, paie 1 800 € de taxe foncière, 400 € d'assurance PNO et 900 € de frais de gestion locative à une agence lyonnaise, soit 9 100 € de charges déductibles.

  • Au micro-foncier : abattement de 30% sur 14 400 € → revenu net imposable de 10 080 €.
  • Au régime réel : 14 400 € − 9 100 € de charges → revenu net imposable de 5 300 €.

Le régime réel réduit ici la base imposable de près de moitié, uniquement parce que l'année comportait des travaux significatifs. Sans ces 6 000 € de travaux, les charges réelles (3 100 €) seraient restées inférieures à l'abattement forfaitaire de 4 320 € (30% de 14 400 €), rendant le micro-foncier plus favorable.

Le tableau de décision

Critère Micro-foncier Régime réel
Revenus fonciers bruts annuels ≤ 15 000 € (de plein droit) Au-delà de 15 000 € (obligatoire) ou sur option
Charges réelles Non prises en compte (abattement forfaitaire de 30%) Déduites pour leur montant exact
Déficit foncier possible Non Oui, imputable sur d'autres revenus français dans la limite de 10 700 €/an
Justificatifs à conserver Aucun Factures et relevés pendant 3 ans minimum
Engagement Aucun, réversible chaque année 3 ans minimum en cas d'option

En pratique, la règle empirique la plus fiable consiste à comparer les charges réelles de l'année à venir avec le seuil de 30% des loyers bruts : au-dessus, le régime réel devient mécaniquement plus favorable ; en dessous, le micro-foncier reste la solution la plus simple et souvent la plus avantageuse.

Un choix à anticiper avant les grosses dépenses

Comme l'option pour le régime réel engage pour trois ans, un non-résident qui prévoit des travaux importants a intérêt à basculer avant l'année où ceux-ci seront engagés, et non après coup — l'option prise en année N s'applique aux revenus de l'année N, mais son irrévocabilité pendant trois ans doit être anticipée si les revenus fonciers repassent ensuite sous 15 000 € bruts. À l'inverse, un propriétaire au régime réel depuis plusieurs années sans charges notables peut avoir intérêt à basculer vers le micro-foncier dès que son engagement triennal arrive à échéance.

Ce revenu net foncier, qu'il soit calculé au micro-foncier ou au réel, reste ensuite soumis soit au taux minimum d'imposition des non-résidents, soit au barème progressif si le statut de quasi-résident fiscal a été demandé — deux questions distinctes du choix du régime foncier lui-même. S'y ajoutent les prélèvements sociaux CSG-CRDS, dont le taux varie selon le pays d'affiliation à la sécurité sociale du non-résident.

Ces règles ne concernent que la location nue : un bien loué meublé relève d'un régime distinct (micro-BIC ou régime réel BIC), détaillé dans notre guide sur la LMNP pour les non-résidents. Et pour les propriétaires ayant choisi de loger le bien dans une SCI, le raisonnement micro-foncier / régime réel décrit ici ne s'applique pas non plus de la même façon, la SCI relevant en principe de l'impôt sur le revenu au niveau de chaque associé selon des modalités spécifiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Le seuil de 15 000 € de loyers bruts annuels détermine l'accès de plein droit au micro-foncier, sans condition de résidence fiscale.
  • L'abattement forfaitaire de 30% rend le micro-foncier avantageux tant que les charges réelles restent en dessous de ce seuil.
  • Le régime réel devient préférable dès que travaux, intérêts d'emprunt ou frais de gestion dépassent 30% des loyers, et permet en plus de créer un déficit foncier imputable sur d'autres revenus français.
  • L'option pour le régime réel engage pour trois ans : elle se prépare avant l'année de gros travaux, pas après.
  • Le choix du régime ne change pas le taux d'imposition applicable, seulement le montant du revenu net soumis à ce taux.

Le choix entre micro-foncier et régime réel dépend de la structure précise de vos charges et de votre situation fiscale globale de non-résident. Demandez votre bilan fiscal gratuit pour déterminer le régime le plus avantageux avant votre prochaine déclaration.

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Les informations de cet article sont basées sur les articles 28 à 33 quinquies et 156 du Code général des impôts et la législation fiscale française en vigueur en 2026. Chaque situation doit être vérifiée individuellement auprès d'un fiscaliste spécialisé, notamment pour le calcul précis des charges déductibles.

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Questions fréquentes

Un non-résident peut-il choisir le régime micro-foncier comme un résident fiscal français ?
Oui. L'article 32 du Code général des impôts ne pose aucune condition de résidence fiscale : tout propriétaire, résident ou non-résident, dont le total des revenus fonciers bruts (toutes locations nues confondues) ne dépasse pas 15 000 € par an relève de plein droit du régime micro-foncier, sauf option contraire pour le régime réel. Le statut de non-résident n'exclut donc jamais l'accès au micro-foncier, contrairement à une idée reçue fréquente.
Quel régime choisir si les charges déductibles sont faibles ?
Le micro-foncier est presque toujours préférable lorsque les charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, taxe foncière, frais de gestion) représentent moins de 30% des loyers bruts perçus, car l'abattement forfaitaire de 30% dépasse alors le montant des charges réellement engagées. C'est souvent le cas d'un bien sans emprunt en cours, loué sans gros travaux ni frais de gestion locative à distance. Dans cette situation, la simplicité déclarative du micro-foncier s'ajoute à son avantage fiscal.
Un non-résident peut-il créer un déficit foncier et l'imputer sur d'autres revenus français ?
Oui, sous les mêmes règles qu'un résident : lorsque les charges déductibles au régime réel excèdent les loyers perçus, le déficit qui en résulte (hors intérêts d'emprunt) s'impute jusqu'à 10 700 € par an sur les autres revenus de source française imposables en France du non-résident (un autre bien loué, par exemple), le surplus étant reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Un non-résident sans autre revenu foncier ni revenu français imposable ne pourra en pratique reporter le déficit que sur les années suivantes.
L'option pour le régime réel est-elle définitive ?
L'option est engagée pour trois ans, de manière irrévocable pendant cette période, y compris si les revenus bruts repassent sous le seuil de 15 000 € en cours de route. Passé ce délai de trois ans, elle se reconduit tacitement chaque année tant que le contribuable ne revient pas expressément au micro-foncier — retour qui n'est possible que si les revenus fonciers bruts sont redescendus sous 15 000 €. Ce choix mérite donc d'être anticipé avant l'année de gros travaux plutôt que décidé au dernier moment.
Le choix du régime a-t-il un impact sur le taux d'imposition applicable au non-résident ?
Non, le régime micro-foncier ou réel détermine uniquement le montant du revenu net imposable, pas le taux appliqué. Ce revenu net foncier reste ensuite soumis au barème progressif ou, le cas échéant, au taux minimum de 20%/30% propre aux non-résidents, sauf option pour le statut de quasi-résident fiscal si les conditions sont réunies. Les deux questions — régime de calcul du revenu net et taux d'imposition applicable — doivent donc être raisonnées séparément.

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Avertissement légal : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. La fiscalité évolue régulièrement et les situations individuelles varient. Avant toute décision, consultez un conseiller fiscal qualifié et vérifiez la réglementation en vigueur dans votre pays de résidence.