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Régime des impatriés 2026 (article 155 B) : prime d'impatriation, exonérations et conditions

5 min de lectureOutilsrégime des impatriés

Régime des impatriés : le dispositif fiscal pour attirer (et faire revenir) les talents

À contre-courant de l'exit tax qui taxe les départs, la France dispose d'un régime très favorable pour attirer les talents venus de l'étranger — et notamment faire revenir ses expatriés : le régime des impatriés, codifié à l'article 155 B du Code général des impôts. Il offre, pendant jusqu'à 8 ans, des exonérations d'impôt sur le revenu qui peuvent alléger la facture fiscale de manière spectaculaire. Voici comment il fonctionne en 2026.

1. Qui peut en bénéficier ?

Trois conditions cumulatives doivent être réunies :

Condition Détail
Non-résidence préalable Ne pas avoir été résident fiscal de France pendant les 5 années civiles précédant la prise de fonctions
Activité en France Venir exercer une activité professionnelle dans une entreprise établie en France
Transfert de domicile Devenir résident fiscal français à compter de la prise de fonctions

Le régime vise deux profils :

  • les salariés appelés par une entreprise de leur groupe (mobilité intra-groupe internationale) ;
  • les salariés et dirigeants recrutés directement à l'étranger par une entreprise française.

Bonne nouvelle pour les expatriés : un Français qui rentre après plus de 5 ans à l'étranger peut en bénéficier. C'est un levier majeur à intégrer à votre stratégie de retour en France.

2. Une durée d'application longue : jusqu'à 8 ans

Les exonérations s'appliquent jusqu'au 31 décembre de la 8e année civile suivant celle de la prise de fonctions.

Exemple : prise de fonctions en 2026 → régime applicable jusqu'au 31 décembre 2034.

3. L'exonération de la prime d'impatriation

La prime d'impatriation correspond au supplément de rémunération directement lié à l'exercice de l'activité en France (surcoût du déménagement, du logement, différentiel de coût de la vie, etc.).

  • Elle est exonérée d'impôt sur le revenu pour son montant réel.
  • Les personnes recrutées directement à l'étranger peuvent opter pour une évaluation forfaitaire à 30% de la rémunération nette totale.

4. L'exonération de la part « activité exercée à l'étranger »

Si, dans le cadre de vos fonctions françaises, vous effectuez des déplacements professionnels à l'étranger, la fraction de rémunération correspondant à ces jours travaillés hors de France est également exonérée.

Le double plafonnement à connaître

L'avantage total est encadré. Le contribuable choisit la formule la plus favorable :

Option Plafond
Plafonnement global Exonération totale (prime + part étrangère) limitée à 50% de la rémunération totale
Plafonnement de la seule part étrangère La part « activité à l'étranger » est limitée à 20% de la rémunération imposable

5. L'atout patrimonial : 50% d'exonération sur les revenus étrangers

C'est l'aspect le moins connu et pourtant très puissant. Pendant la durée du régime, les impatriés bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu de 50% sur certains revenus passifs de source étrangère :

  • Revenus de capitaux mobiliers : dividendes, intérêts, coupons, gains sur contrats d'assurance-vie et de capitalisation ;
  • Plus-values de cession de valeurs mobilières et droits sociaux détenus à l'étranger ;
  • Produits de la propriété intellectuelle et industrielle.

Condition impérative : le revenu doit provenir d'un État lié à la France par une convention fiscale comportant une clause d'assistance administrative.

Type de revenu étranger Exonération d'IR Prélèvements sociaux
Dividendes / intérêts étrangers 50% Dus (17,2%)
Plus-values sur titres étrangers 50% Dus
Redevances de propriété intellectuelle 50% Dus

⚠️ Attention : cette exonération ne vaut que pour l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux (CSG-CRDS) restent dus. Pour déclarer correctement ces flux, appuyez-vous sur le formulaire 2047.

6. L'IFI limité aux biens français

Cerise sur le gâteau patrimonial : pendant une durée plus courte — jusqu'au 31 décembre de la 5e année suivant l'établissement du domicile en France — l'impatrié n'est redevable de l'IFI que sur ses biens immobiliers situés en France. Ses biens immobiliers détenus à l'étranger échappent donc temporairement à l'assiette de l'IFI français.

Pour comprendre les seuils et le calcul de l'IFI, consultez notre guide IFI 2026 des non-résidents.

7. Les pièges à éviter

  1. La condition des 5 ans est stricte : un simple maintien de résidence fiscale française pendant cette période fait perdre le bénéfice du régime.
  2. La prime doit être identifiable : idéalement mentionnée dans le contrat de travail ou déterminable selon une méthode objective.
  3. Le régime est attaché à l'emploi : un changement d'employeur en cours de période peut, sous conditions, permettre de conserver le régime — mais une interruption mal gérée y met fin.
  4. Les prélèvements sociaux ne sont jamais exonérés : raisonnez toujours en net après CSG-CRDS.
  5. La déclaration doit être irréprochable : les cases spécifiques doivent être remplies chaque année.

Ce qu'il faut retenir

Avantage Portée Durée
Prime d'impatriation Exonérée (réel ou forfait 30%) 8 ans
Part activité à l'étranger Exonérée (plafonds 50% / 20%) 8 ans
Revenus passifs étrangers 50% d'exonération d'IR 8 ans
IFI Limité aux biens français 5 ans

Le régime des impatriés peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économie d'impôt par an pour un cadre à haute rémunération — un argument décisif pour négocier un retour ou une mobilité vers la France. Mais son application exige rigueur et anticipation dès la signature du contrat.

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Questions fréquentes

Qui peut bénéficier du régime des impatriés en 2026 ?
Le régime de l'article 155 B du CGI s'adresse aux personnes qui n'ont pas été résidentes fiscales de France au cours des cinq années civiles précédant leur prise de fonctions, qui viennent exercer une activité professionnelle dans une entreprise établie en France et qui deviennent résidentes fiscales françaises à cette occasion. Il concerne aussi bien les salariés appelés par une entreprise de leur groupe (mobilité intra-groupe) que ceux recrutés directement à l'étranger, ainsi que certains dirigeants assimilés salariés. Les Français de retour d'expatriation peuvent en bénéficier s'ils remplissent la condition des cinq ans.
Combien de temps dure le régime des impatriés ?
Les exonérations s'appliquent jusqu'au 31 décembre de la huitième année civile suivant celle de la prise de fonctions en France. Concrètement, une prise de fonctions en 2026 ouvre droit au régime jusqu'au 31 décembre 2034. La limitation spécifique de l'IFI aux seuls biens immobiliers situés en France est, elle, plus courte : elle court jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant l'établissement du domicile fiscal en France.
Comment est calculée l'exonération de la prime d'impatriation ?
La prime d'impatriation (le supplément de rémunération lié à l'installation en France) est exonérée pour son montant réel. Les personnes recrutées directement à l'étranger peuvent opter pour une évaluation forfaitaire égale à 30% de leur rémunération nette totale. À cela s'ajoute l'exonération de la part de rémunération correspondant à l'activité exercée à l'étranger. L'ensemble est toutefois plafonné : au choix, l'exonération totale ne peut dépasser 50% de la rémunération, ou bien la seule part liée à l'activité à l'étranger est limitée à 20% de la rémunération imposable.
L'exonération de 50% des revenus étrangers concerne-t-elle aussi les prélèvements sociaux ?
Non. L'exonération de 50% sur certains revenus passifs de source étrangère (dividendes, intérêts, gains d'assurance-vie, plus-values de cession de titres, produits de propriété intellectuelle) ne porte que sur l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux (CSG-CRDS, 17,2%) restent dus sur ces revenus. L'exonération suppose en outre que le revenu provienne d'un État lié à la France par une convention fiscale comportant une clause d'assistance administrative.

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Avertissement légal : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. La fiscalité évolue régulièrement et les situations individuelles varient. Avant toute décision, consultez un conseiller fiscal qualifié et vérifiez la réglementation en vigueur dans votre pays de résidence.