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Retraite au Mexique : quelle fiscalité pour les pensions françaises ?

8 min de lectureMexiqueretraite français Mexique fiscalité pension
Peaceful beach scene featuring two tall palm trees against a clear blue sky.
Photo : Paulo gustavo Modesto / Pexels · Pexels

Le Mexique, une destination douce pour les retraités français

Climat, coût de la vie, communauté francophone grandissante : le Mexique séduit de plus en plus de retraités français. Bonne nouvelle, le cadre fiscal y est également favorable — à condition de comprendre précisément qui, de la France ou du Mexique, a le droit d'imposer vos pensions, et d'accomplir les démarches dans le bon ordre. C'est le nœud du sujet : une erreur d'interprétation de la convention peut vous exposer à une double imposition ou à un redressement pour non-déclaration.

Ce guide s'appuie sur le texte de la convention fiscale franco-mexicaine du 7 novembre 1991 (entrée en vigueur fin 1992) et sur les règles de l'impôt sur le revenu mexicain (ISR). Il distingue soigneusement pensions privées et publiques, chiffre l'imposition réelle, et détaille la procédure pour ne pas subir de prélèvement français indu. Avant de vous lancer, il est utile de relire notre panorama général de la fiscalité des Français au Mexique.

Qui impose vos pensions ? Ce que dit vraiment la convention

A golden piggy bank surrounded by assorted coins, symbolizing savings and wealth.
Photo : Atlantic Ambience / Pexels · Pexels

C'est le point le plus mal compris — et le plus important. La convention traite différemment les pensions selon leur origine.

Les pensions privées : imposables uniquement au Mexique

L'article 18 de la convention est sans ambiguïté : les pensions et rémunérations similaires versées au titre d'un emploi antérieur « ne sont imposables que dans l'État de résidence ». Autrement dit, vos pensions du secteur privé — retraite de base de la CNAV, complémentaires Agirc-Arrco — ne sont imposables que dans votre État de résidence. Une fois résident fiscal du Mexique, elles sont donc imposées uniquement au Mexique et plus en France.

Les pensions publiques : l'exception qui reste en France

L'article 19 de la convention réserve un sort différent aux rémunérations et pensions publiques (fonction publique d'État, territoriale, hospitalière) : elles restent imposables en France, quel que soit votre pays de résidence. Si votre carrière a mêlé secteur privé et public, chaque fraction suit sa propre règle.

Type de pension Article Imposée en Exemple
Retraite privée de base 18 Mexique (résidence) CNAV / régime général
Retraite complémentaire privée 18 Mexique (résidence) Agirc-Arrco
Pension publique 19 France (source) Fonction publique
Revenus immobiliers français 6 France (situation du bien) Loyers d'un bien conservé

Combien allez-vous réellement payer ? Le calcul de l'ISR

L'impôt sur le revenu des personnes physiques au Mexique, l'ISR (Impuesto Sobre la Renta), est progressif par tranches, avec un taux marginal supérieur de 35 %. Ce taux de 35 % est toutefois réservé aux revenus très élevés : la grande majorité des retraités ne l'atteint jamais.

Prenons un exemple concret, proche des situations réelles que nous recevons : une pension de retraite du privé d'environ 4 500 € brut par mois, soit 54 000 € par an (de l'ordre d'un million de pesos selon le taux de change). L'impôt ne s'applique pas uniformément au taux marginal : il s'additionne palier par palier. Le taux effectif — l'impôt réellement payé rapporté au revenu — ressort alors, pour ce niveau de pension, autour de 20 à 25 %, avant les déductions personnelles autorisées par la loi mexicaine (frais médicaux, primes d'assurance, etc.).

Attention à trois paramètres qui font varier ce chiffre :

  1. le barème ISR de l'année, révisé régulièrement par les autorités mexicaines ;
  2. le taux de change euro / peso au moment où vous percevez et convertissez vos pensions, qui influe directement sur le revenu imposable exprimé en pesos ;
  3. les déductions dont vous pouvez bénéficier localement.

Ce taux effectif reste nettement inférieur à l'imposition qu'un même revenu subirait en restant en France, prélèvements sociaux compris. Pour comparer votre situation à d'autres destinations, notre comparateur fiscal expatriation vous donne un premier ordre de grandeur pays par pays.

La démarche à ne pas négliger : lever la retenue française

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Photo : M Sides / Pexels · Pexels

Voici l'erreur qui coûte cher : croire que l'exonération française s'applique automatiquement dès l'installation. Ce n'est pas le cas. Tant que vous n'avez pas activé la convention, vos caisses de retraite continuent d'appliquer la retenue à la source des non-résidents par défaut.

Pour faire valoir votre droit à l'imposition au seul Mexique, la marche à suivre est la suivante :

  1. Obtenir un certificat de résidence fiscale délivré par l'administration mexicaine, le SAT (Servicio de Administración Tributaria) — la constancia de residencia fiscal.
  2. Déposer le formulaire français 5000 (attestation de résidence prévue par les conventions), le cas échéant complété selon la nature des revenus, auprès de vos caisses (CNAV, Agirc-Arrco).
  3. Conserver l'ensemble des justificatifs de résidence : c'est votre protection en cas de contrôle, d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique.

Ce n'est qu'après cette démarche que vos pensions vous sont versées sans prélèvement français. Pour l'articulation avec vos obligations déclaratives, consultez notre guide sur la déclaration des revenus étrangers et, si un retour est envisageable un jour, notre article retour en France après expatriation.

RFC n'est pas résidence fiscale

Autre confusion fréquente : le RFC (Registro Federal de Contribuyentes) est un simple numéro d'identification fiscale mexicain. Il ne vaut pas, à lui seul, résidence fiscale. Pour être réellement résident fiscal du Mexique, il faut :

  • y séjourner plus de 183 jours par an, ou y avoir le centre de vos intérêts vitaux (foyer, famille, activité principale) ;
  • pouvoir le justifier par la constancia de residencia fiscal.

Un mariage de longue date avec une résidente mexicaine et une installation effective établissent solidement ce centre d'intérêts.

L'immigration : résidence temporaire d'abord, permanente ensuite

Sur le plan du séjour, être marié à un citoyen mexicain est un atout — mais il ne donne pas droit à la résidence permanente immédiate, contrairement à une idée répandue.

  • Vous obtenez d'abord une résidence temporaire au titre du lien familial (Vínculo Familiar).
  • Vous pouvez demander la résidence permanente après deux ans (délai réduit pour les conjoints de Mexicains, contre quatre ans dans le cas général).

L'avantage est réel : vous échappez aux seuils de revenus exigés du visa de rentier. Mais cette étape temporaire doit être intégrée à votre calendrier. Les pièces à fournir (acte de mariage apostillé et traduit) et les délais se confirment auprès de l'INM (Instituto Nacional de Migración) ou du consulat du Mexique.

À préparer avant le grand départ

Au-delà de l'impôt, quelques chantiers déterminent la réussite de votre installation :

  • Couverture santé : la Caisse des Français de l'étranger maintient vos droits à la Sécurité sociale française, mais elle ne rembourse pas comme une mutuelle — une complémentaire santé locale ou internationale reste nécessaire. Le système public mexicain (IMSS) est accessible mais limité pour un expatrié.
  • Patrimoine conservé en France : un bien immobilier reste imposable en France (revenus fonciers, plus-value à la revente) en application de la convention.
  • Change et transferts : le taux euro / peso pèse directement sur votre pouvoir d'achat et votre ISR. Comparez les solutions de transfert pour limiter les frais — voir notre analyse Wise contre Revolut pour expatriés.
  • Calendrier fiscal : la date de transfert de votre résidence conditionne votre dernière année d'imposition française. Notre guide sur l'année du transfert de résidence fiscale détaille ce point.

Mexique, Maroc, Portugal : le Mexique se défend bien

Le Mexique n'est pas la seule destination attractive pour un retraité français. Chacune a sa logique : le Maroc offre un abattement massif sur les pensions, tandis que les retraités en fin de régime RNH au Portugal cherchent des alternatives. Pour le Mexique, l'équation est simple et lisible : imposition au seul Mexique pour les pensions privées, à un taux effectif d'environ 20-25 %, sans le maquis de régimes temporaires que connaissent d'autres pays. Notre panorama de la réforme des retraites et des pensions versées à l'étranger replace le tout dans le contexte 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Pensions privées (CNAV, Agirc-Arrco) : imposables uniquement au Mexique (article 18), plus en France.
  • Pensions publiques : imposables en France (article 19), quel que soit votre pays de résidence.
  • Taux effectif d'ISR estimé à 20-25 % pour une pension autour de 54 000 € par an — à confirmer sur le barème et le change de l'année.
  • L'exonération française n'est pas automatique : certificat de résidence du SAT + formulaire 5000, sinon retenue à la source par défaut.
  • RFC ≠ résidence fiscale : 183 jours ou centre des intérêts vitaux, avec constancia de residencia.
  • Immigration : résidence temporaire d'abord (Vínculo Familiar), permanente après 2 ans.

Prochaines étapes

  1. Vérifiez la nature exacte de vos pensions (privé / public) pour identifier la fraction imposable au Mexique.
  2. Estimez votre ISR sur la base de vos montants réels et d'un taux de change prudent.
  3. Anticipez l'obtention de la constancia de residencia et le dépôt du formulaire 5000 auprès de vos caisses.
  4. Organisez votre couverture santé (CFE + complémentaire) avant le départ.
  5. Cadrez votre calendrier d'immigration (temporaire puis permanent) avec l'INM.

Chaque situation dépend de vos montants, de votre carrière et de votre patrimoine français : un chiffrage personnalisé évite les erreurs à quatre chiffres. Pour connaître précisément votre imposition au Mexique et sécuriser vos démarches, demandez votre bilan fiscal gratuit : nous analysons votre situation et vous répondons sous 48 h.

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Questions fréquentes

Un retraité français au Mexique paie-t-il ses impôts en France ou au Mexique ?
Pour les pensions du secteur privé (régime général de la CNAV, complémentaires Agirc-Arrco), l'article 18 de la convention fiscale franco-mexicaine de 1991 prévoit qu'elles ne sont imposables que dans l'État de résidence. Un retraité résident fiscal du Mexique est donc imposé uniquement au Mexique sur ces pensions, et n'est plus imposé en France. Les pensions publiques (fonction publique) font exception : l'article 19 les réserve à la France, quel que soit le pays de résidence.
Quel est le taux d'imposition réel des pensions au Mexique ?
L'impôt sur le revenu mexicain (ISR) est progressif, avec un taux marginal maximal de 35 % réservé aux revenus très élevés. Pour une pension de l'ordre de 50 000 à 60 000 € par an, le taux effectif (impôt réellement payé rapporté au revenu) se situe généralement autour de 20 à 25 %, avant déductions personnelles autorisées par la loi mexicaine. Le montant exact dépend du barème ISR de l'année et du taux de change euro / peso au moment de la perception.
Comment éviter que la France prélève quand même la retenue à la source ?
L'exonération française n'est pas automatique : tant que vous ne l'avez pas activée, vos caisses appliquent la retenue à la source des non-résidents. Il faut obtenir un certificat de résidence fiscale délivré par l'administration mexicaine (le SAT) puis déposer le formulaire français 5000 (attestation de résidence) auprès de vos caisses de retraite. Ce n'est qu'après cette démarche que vos pensions vous sont versées sans prélèvement français.
Le RFC suffit-il pour être résident fiscal au Mexique ?
Non. Le RFC (Registro Federal de Contribuyentes) est un numéro d'identification fiscale, il ne vaut pas à lui seul résidence fiscale. Pour être considéré résident fiscal du Mexique, il faut y séjourner plus de 183 jours par an ou y avoir le centre de ses intérêts vitaux, et être en mesure de le justifier par une constancia de residencia fiscal. Cette distinction est essentielle pour opposer votre statut aux administrations française et mexicaine.
Le mariage avec une Mexicaine donne-t-il droit à la résidence permanente ?
Pas immédiatement. Le conjoint d'un citoyen mexicain obtient d'abord une résidence temporaire au titre du lien familial (Vínculo Familiar), puis peut demander la résidence permanente après deux ans (délai réduit pour les conjoints de Mexicains, contre quatre ans dans le cas général). Ce statut évite les seuils de revenus du visa de rentier, mais l'étape temporaire doit être anticipée. Les pièces et délais se confirment auprès de l'INM ou du consulat du Mexique.

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Avertissement légal : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. La fiscalité évolue régulièrement et les situations individuelles varient. Avant toute décision, consultez un conseiller fiscal qualifié et vérifiez la réglementation en vigueur dans votre pays de résidence.