Voici l'erreur qui coûte cher : croire que l'exonération française s'applique automatiquement dès l'installation. Ce n'est pas le cas. Tant que vous n'avez pas activé la convention, vos caisses de retraite continuent d'appliquer la retenue à la source des non-résidents par défaut.
Pour faire valoir votre droit à l'imposition au seul Mexique, la marche à suivre est la suivante :
- Obtenir un certificat de résidence fiscale délivré par l'administration mexicaine, le SAT (Servicio de Administración Tributaria) — la constancia de residencia fiscal.
- Déposer le formulaire français 5000 (attestation de résidence prévue par les conventions), le cas échéant complété selon la nature des revenus, auprès de vos caisses (CNAV, Agirc-Arrco).
- Conserver l'ensemble des justificatifs de résidence : c'est votre protection en cas de contrôle, d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique.
Ce n'est qu'après cette démarche que vos pensions vous sont versées sans prélèvement français. Pour l'articulation avec vos obligations déclaratives, consultez notre guide sur la déclaration des revenus étrangers et, si un retour est envisageable un jour, notre article retour en France après expatriation.
RFC n'est pas résidence fiscale
Autre confusion fréquente : le RFC (Registro Federal de Contribuyentes) est un simple numéro d'identification fiscale mexicain. Il ne vaut pas, à lui seul, résidence fiscale. Pour être réellement résident fiscal du Mexique, il faut :
- y séjourner plus de 183 jours par an, ou y avoir le centre de vos intérêts vitaux (foyer, famille, activité principale) ;
- pouvoir le justifier par la constancia de residencia fiscal.
Un mariage de longue date avec une résidente mexicaine et une installation effective établissent solidement ce centre d'intérêts.
L'immigration : résidence temporaire d'abord, permanente ensuite
Sur le plan du séjour, être marié à un citoyen mexicain est un atout — mais il ne donne pas droit à la résidence permanente immédiate, contrairement à une idée répandue.
- Vous obtenez d'abord une résidence temporaire au titre du lien familial (Vínculo Familiar).
- Vous pouvez demander la résidence permanente après deux ans (délai réduit pour les conjoints de Mexicains, contre quatre ans dans le cas général).
L'avantage est réel : vous échappez aux seuils de revenus exigés du visa de rentier. Mais cette étape temporaire doit être intégrée à votre calendrier. Les pièces à fournir (acte de mariage apostillé et traduit) et les délais se confirment auprès de l'INM (Instituto Nacional de Migración) ou du consulat du Mexique.
À préparer avant le grand départ
Au-delà de l'impôt, quelques chantiers déterminent la réussite de votre installation :
- Couverture santé : la Caisse des Français de l'étranger maintient vos droits à la Sécurité sociale française, mais elle ne rembourse pas comme une mutuelle — une complémentaire santé locale ou internationale reste nécessaire. Le système public mexicain (IMSS) est accessible mais limité pour un expatrié.
- Patrimoine conservé en France : un bien immobilier reste imposable en France (revenus fonciers, plus-value à la revente) en application de la convention.
- Change et transferts : le taux euro / peso pèse directement sur votre pouvoir d'achat et votre ISR. Comparez les solutions de transfert pour limiter les frais — voir notre analyse Wise contre Revolut pour expatriés.
- Calendrier fiscal : la date de transfert de votre résidence conditionne votre dernière année d'imposition française. Notre guide sur l'année du transfert de résidence fiscale détaille ce point.
Mexique, Maroc, Portugal : le Mexique se défend bien
Le Mexique n'est pas la seule destination attractive pour un retraité français. Chacune a sa logique : le Maroc offre un abattement massif sur les pensions, tandis que les retraités en fin de régime RNH au Portugal cherchent des alternatives. Pour le Mexique, l'équation est simple et lisible : imposition au seul Mexique pour les pensions privées, à un taux effectif d'environ 20-25 %, sans le maquis de régimes temporaires que connaissent d'autres pays. Notre panorama de la réforme des retraites et des pensions versées à l'étranger replace le tout dans le contexte 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Pensions privées (CNAV, Agirc-Arrco) : imposables uniquement au Mexique (article 18), plus en France.
- Pensions publiques : imposables en France (article 19), quel que soit votre pays de résidence.
- Taux effectif d'ISR estimé à 20-25 % pour une pension autour de 54 000 € par an — à confirmer sur le barème et le change de l'année.
- L'exonération française n'est pas automatique : certificat de résidence du SAT + formulaire 5000, sinon retenue à la source par défaut.
- RFC ≠ résidence fiscale : 183 jours ou centre des intérêts vitaux, avec constancia de residencia.
- Immigration : résidence temporaire d'abord (Vínculo Familiar), permanente après 2 ans.
Prochaines étapes
- Vérifiez la nature exacte de vos pensions (privé / public) pour identifier la fraction imposable au Mexique.
- Estimez votre ISR sur la base de vos montants réels et d'un taux de change prudent.
- Anticipez l'obtention de la constancia de residencia et le dépôt du formulaire 5000 auprès de vos caisses.
- Organisez votre couverture santé (CFE + complémentaire) avant le départ.
- Cadrez votre calendrier d'immigration (temporaire puis permanent) avec l'INM.
Chaque situation dépend de vos montants, de votre carrière et de votre patrimoine français : un chiffrage personnalisé évite les erreurs à quatre chiffres. Pour connaître précisément votre imposition au Mexique et sécuriser vos démarches, demandez votre bilan fiscal gratuit : nous analysons votre situation et vous répondons sous 48 h.