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SCI à l'étranger pour Français non-résidents : ce qui est légal (et ce qui ne l'est pas)

7 min de lectureOutilsSCI étranger français non-résident

SCI à l'étranger : un outil à double tranchant pour les expatriés

La SCI (Société Civile Immobilière) est un outil patrimonial classique en France. Mais quand un Français non-résident veut structurer son patrimoine immobilier ou financier via une société étrangère équivalente, la situation fiscale devient beaucoup plus complexe.

Ce guide répond aux questions concrètes : peut-on créer une SCI étrangère ? Pour quels actifs ? Quels sont les risques fiscaux ? Et quelles sont les alternatives légales ?

Pour comprendre votre statut de non-résident fiscal, consultez notre guide sur comment rompre sa résidence fiscale française.

Pourquoi les expatriés s'intéressent aux SCI étrangères

Les motivations courantes :

  1. Détenir de l'immobilier en France depuis l'étranger avec une structure simplifiée
  2. Protéger le patrimoine des héritiers par une transmission facilitée
  3. Optimiser la fiscalité des revenus locatifs ou des plus-values immobilières
  4. Structurer un portefeuille financier (actions, obligations) via une holding légère
  5. Éviter l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) sur l'immobilier français

La réalité est que la plupart de ces objectifs comportent des risques fiscaux significatifs qui doivent être anticipés.

SCI étrangère détenant de l'immobilier en France : les règles

La taxe de 3% sur les immeubles (article 990 D CGI)

Toute entité juridique (société, fondation, trust) qui détient directement ou indirectement des immeubles situés en France est redevable d'une taxe annuelle de 3% sur la valeur vénale de ces immeubles — sauf si elle respecte l'une des conditions d'exonération :

Conditions d'exonération :

  • La société est établie dans un pays ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative (la plupart des pays de l'UE, les États-Unis, le Canada, etc.)
  • ET la société dépose une déclaration annuelle (formulaire 2746) révélant l'identité et l'adresse de tous ses actionnaires ou associés détenant plus de 1% des parts
  • OU la société s'engage à communiquer ces informations sur demande de l'administration

En pratique : une SCI portugaise, espagnole, luxembourgeoise ou belge détenant un appartement à Paris peut être exonérée de cette taxe à condition de faire la déclaration annuelle. Une SCI dans un pays non coopératif (ETNC) ne peut pas en bénéficier.

L'imposition des revenus locatifs français

Les revenus locatifs d'immeubles situés en France restent imposables en France, quelle que soit la nationalité ou le lieu d'établissement de la société qui les détient. Une SCI espagnole percevant des loyers d'un appartement à Lyon doit déposer une déclaration de revenus fonciers en France.

Le taux minimum est de 20% d'IR + 17,2% de prélèvements sociaux pour les non-résidents de l'EEE (réduits à 7,5% pour les résidents UE/EEE affiliés à un régime de sécurité sociale local).

Les plus-values immobilières françaises

La revente d'immobilier en France est soumise à l'impôt sur les plus-values immobilières des non-résidents, même via une société étrangère. Le taux est de 19% + prélèvements sociaux (17,2% ou 7,5% selon le cas), avec les abattements pour durée de détention applicables (exonération totale après 30 ans).

SCI étrangère détenant des actifs financiers : risques et opportunités

La requalification en société étrangère contrôlée (CFC)

Si vous êtes encore résident fiscal français (ou avez des obligationsrésiduelles) et que vous créez une SCI ou holding étrangère pour y loger un portefeuille financier, le risque principal est la règle CFC (Controlled Foreign Corporation, article 209 B CGI) :

Si vous contrôlez une société étrangère soumise à une imposition faible (moins de 50% du taux français correspondant), la France peut imposer les bénéfices de cette société entre vos mains, même s'ils ne sont pas distribués.

Exemple : vous créez une holding aux Émirats Arabes Unis (0% d'IS) pour y loger un portefeuille d'actions. Si vous êtes résident fiscal français, la France peut imposer les revenus de cette holding comme s'ils vous avaient été directement versés.

Pour les non-résidents fiscaux : plus de liberté, mais...

Si vous avez correctement rompu votre résidence fiscale française, les règles CFC françaises ne s'appliquent plus à vos sociétés étrangères pour vos actifs hors de France. Vous pouvez donc :

  • Créer une LLC, LTD, SàRL ou toute structure dans votre pays de résidence
  • Y loger un portefeuille financier international
  • Percevoir les revenus selon les règles fiscales locales

Mais attention à deux réserves :

  1. Si la société détient des actifs en France (immobilier), les règles françaises s'appliquent quand même (voir ci-dessus)
  2. Votre pays de résidence actuel a ses propres règles anti-abus à respecter

Les montages reconnus comme abusifs par le fisc français

L'administration fiscale française surveille particulièrement ces montages :

1. SCI étrangère "boîte aux lettres" pour l'immobilier français

Créer une SCI dans un pays à fiscalité faible pour détenir un appartement à Paris, sans aucune substance économique locale (pas de siège réel, pas d'activité effective), et sans déclarer les actionnaires → abus de droit probable, taxe de 3% exigible avec pénalités.

2. Holding étrangère fictive pour des dividendes français

Faire transiter des dividendes de sociétés françaises vers une holding étrangère sans substance réelle pour éviter la retenue à la source française → l'administration peut requalifier et appliquer la retenue à la source au taux plein (25% ou 30% selon les situations).

3. SCI étrangère créée juste avant le départ pour loger des actifs

Apporter des actifs à une société étrangère juste avant de quitter la France, dans un délai insuffisant pour échapper à l'exit tax ou aux règles anti-abus → risque de redressement fiscal.

Les alternatives légales et efficaces

Pour l'immobilier en France depuis l'étranger

Option 1 : Détention directe + mandat de gestion La solution la plus simple : vous détenez l'appartement en direct, confiez la gestion à un agent immobilier local, et déclarez vos revenus fonciers en France. Simple, transparent, sans risque fiscal.

Option 2 : SCI française classique Une SCI de droit français permet de structurer la détention, facilite la transmission et est parfaitement reconnue par l'administration. La gestion peut se faire à distance. Inconvénient : comptabilité annuelle obligatoire si la SCI est à l'IS.

Pour un portefeuille financier international

Option 1 : Assurance-vie luxembourgeoise Le contrat d'assurance-vie luxembourgeois est une alternative à une holding étrangère : il permet de loger des actifs diversifiés (actions, obligations, fonds alternatifs), de bénéficier de la neutralité fiscale interne (arbitrages sans imposition immédiate), et de bénéficier de la fiscalité française à la sortie si vous revenez en France. Voir notre article assurance-vie luxembourgeoise vs française.

Option 2 : Structure dans votre pays de résidence Si vous êtes résident aux Émirats, en Suisse, au Portugal ou ailleurs, la constitution d'une structure locale (LLC, SàRL, Ltd) avec une substance économique réelle dans ce pays peut être parfaitement légitime pour structurer vos actifs non-français.

Pour analyser quelle structure est adaptée à votre situation patrimoniale d'expatrié, demandez un bilan fiscal gratuit. La structure optimale dépend de votre pays de résidence, de la nature de vos actifs et de vos objectifs à long terme.

Pour les transferts de fonds entre pays lors de restructurations patrimoniales, Wise propose des taux de change compétitifs et des virements internationaux traçables.


Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. La création de structures à l'étranger comporte des risques fiscaux importants — consultez impérativement un avocat fiscaliste avant toute décision.

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Questions fréquentes

Peut-on utiliser une SCI étrangère pour détenir son immobilier français ?
Techniquement oui, mais c'est fiscalement piégeux. Une SCI étrangère qui détient de l'immobilier en France est soumise à la taxe annuelle de 3% sur la valeur vénale des immeubles (article 990 D CGI) si elle ne révèle pas ses bénéficiaires à l'administration fiscale française. De plus, les plus-values à la revente restent imposables en France selon les règles des non-résidents, et les revenus locatifs français sont soumis à l'impôt français quelle que soit la structure détentrice.
Une LLC américaine ou une LTD britannique peut-elle être utilisée à la place d'une SCI par un expatrié français ?
Une LLC américaine ou une LTD britannique est souvent fiscalement transparente dans son pays d'origine, ce qui peut créer des complications en France si vous avez des obligations déclaratives françaises résiduelles. Si vous êtes non-résident fiscal français, l'utilisation d'une LLC pour détenir des actifs étrangers est en principe possible, mais les revenus distribués via la LLC peuvent être imposables en France si la LLC est qualifiée de structure artificielle. Une analyse au cas par cas est indispensable.
La SCI portugaise (Lda) ou espagnole (SL) est-elle reconnue par la France ?
Oui, les sociétés de droit étranger sont généralement reconnues par la France selon leur forme juridique locale. La France analyse la substance économique et la réalité de la gestion pour déterminer si une structure étrangère constitue un montage artificiel (abus de droit). Une SCI portugaise ou espagnole avec une gestion effective locale, des actifs réels et des associés résidents du pays peut être parfaitement légitime.
L'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) s'applique-t-il aux parts de SCI étrangère détenues par un Français non-résident ?
Les non-résidents fiscaux français sont soumis à l'IFI uniquement sur leurs actifs immobiliers situés en France (et non sur leur patrimoine mondial). Si votre SCI étrangère détient de l'immobilier situé en France, les parts de cette SCI entrent dans l'assiette de l'IFI si leur valeur dépasse le seuil de 1,3 million d'euros. En revanche, une SCI étrangère qui détient uniquement des actifs hors de France n'est pas imposable à l'IFI pour un non-résident français.

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Avertissement légal : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. La fiscalité évolue régulièrement et les situations individuelles varient. Avant toute décision, consultez un conseiller fiscal qualifié et vérifiez la réglementation en vigueur dans votre pays de résidence.