Informations vérifiées au février 2026

Fiscalité des Français au Japon : impôt progressif, succession et guide 2026

7 min de lectureJaponfiscalité Français Japon 2026

Le Japon : une expatriation fascinante mais fiscalement exigeante

Le Japon accueille 10 000+ Français résidents officiels, principalement à Tokyo et Osaka. Le Japon attire les passionnés de culture japonaise, les professionnels en mission longue et les entrepreneurs. Sur le plan fiscal, le Japon est un pays à fiscalité élevée — comparable à la France — avec un régime successoral parmi les plus lourds au monde.

La complexité administrative japonaise (barrière de la langue, système de kanji, numération différente) rend l'accompagnement professionnel quasi-indispensable.

Structure de l'impôt au Japon

Impôt national sur le revenu (Shotokuzei)

Tranche (JPY/an) Taux marginal
0 — 1 950 000 JPY 5%
1 950 001 — 3 300 000 JPY 10%
3 300 001 — 6 950 000 JPY 20%
6 950 001 — 9 000 000 JPY 23%
9 000 001 — 18 000 000 JPY 33%
18 000 001 — 40 000 000 JPY 40%
> 40 000 000 JPY 45%

Conversion indicative : 1 JPY ≈ 0,006 € (2026). 40 000 000 JPY ≈ 250 000 €.

Surtaxe de reconstruction : depuis 2013, une surtaxe de 2,1% de l'impôt national est prélevée pour la reconstruction après le tremblement de terre de 2011 (jusqu'en 2037).

Impôt local résidentiel (Juuminzei)

Taux fixe de 10% sur le revenu imposable (calculé sur les revenus de l'année précédente). Payable auprès de la municipalité.

Total réel : impôt national + juuminzei → taux marginal jusqu'à 55,945% pour les très hauts revenus.

Cotisations sociales japonaises

Pour un salarié :

  • Retraite nationale (kosei nenkin) : 9,15% salarié + 9,15% employeur
  • Assurance maladie : ~4,99% salarié + 4,99% employeur (variable selon commune)
  • Assurance chômage : 0,6% salarié + 0,95% employeur
  • Assurance soin long terme (kaigo hoken) : 1,6% salarié (à partir de 40 ans)

Les statuts de résidence fiscale au Japon

Résident non-permanent (les 5 premières années)

Pendant les 5 premières années de résidence au Japon (sur les 10 dernières années), vous êtes résident non-permanent :

  • Revenus de source japonaise : imposables
  • Revenus étrangers rapatriés au Japon : imposables
  • Revenus étrangers non rapatriés au Japon : non imposables

Stratégie clé pour les 5 premières années : conservez vos revenus étrangers (loyers, dividendes, pensions) sur des comptes bancaires hors Japon pour éviter l'imposition japonaise.

Résident permanent fiscal (après 5 ans)

À partir de la 6e année de résidence (ou si vous avez passé plus de 5 ans au Japon sur les 10 dernières années), vous devenez résident permanent fiscal :

  • Tous vos revenus mondiaux sont imposables au Japon, y compris les revenus étrangers non rapatriés.
  • C'est le grand changement : votre loyer en France, vos dividendes de portefeuille français, tout est déclarable au Japon.

Le NISA : compte d'épargne exonéré japonais

Nouveau NISA (depuis 2024)

Le nouveau NISA est plus flexible et sans limite de durée :

Composante Plafond annuel Type
Tsumitate (programmé) 1 200 000 JPY/an Fonds agréés seulement
Growth (croissance) 2 400 000 JPY/an Actions, fonds
Plafond total de vie 18 000 000 JPY Cumul des deux

Les dividendes et plus-values dans le NISA sont exonérés d'impôt au Japon.

Attention pour les obligations françaises : la France ne reconnaît pas le régime NISA. Si vous avez une résidence fiscale en France (ou si vous rentrez en France), les revenus du NISA peuvent être traités comme revenus ordinaires par le fisc français.

Droits de succession au Japon : le point crucial

Taux et abattements

Les droits de succession (sozokuzei) japonais sont parmi les plus élevés au monde :

Part héritée par héritier Taux
0 — 10 000 000 JPY 10%
10 000 001 — 30 000 000 JPY 15%
30 000 001 — 50 000 000 JPY 20%
50 000 001 — 100 000 000 JPY 30%
100 000 001 — 200 000 000 JPY 40%
200 000 001 — 300 000 000 JPY 45%
300 000 001 — 600 000 000 JPY 50%
> 600 000 000 JPY 55%

Abattement de base : 30 000 000 JPY + 6 000 000 JPY par héritier légal.

La règle des 10 ans : depuis 2017, les résidents au Japon depuis moins de 10 ans (mais dont le défunt a résidé au Japon) peuvent être soumis aux droits de succession japonais sur les biens mondiaux. Cette règle a été assouplie en 2023.

Pour un Français avec 3 millions € de patrimoine : si vous devenez résident permanent au Japon, vos héritiers pourraient devoir payer des droits de succession japonais significatifs, en plus des éventuels droits français (convention France-Japon prévoit des crédits mais peut ne pas éliminer totalement la double taxation).

Convention fiscale France-Japon de 1995

Revenu Pays imposant Mécanisme
Salaire au Japon Japon Exonération France
Pension privée Pays de résidence Japon si résident
Pension fonctionnaire France Exclusivité
Revenus fonciers France France Crédit Japon
Dividendes français France 10% retenue Crédit Japon
Plus-values mobilières Pays de résidence Japon impose

Intégration succession : la France et le Japon ont signé une convention sur les droits de succession (1999) qui évite la double taxation — mais les taux restent élevés des deux côtés.

Impôt sur les plus-values (Capital Gains Tax)

Taux flat de 20,315% sur les plus-values et dividendes de valeurs mobilières :

  • Impôt national : 15%
  • Surtaxe reconstruction : 0,315%
  • Juuminzei : 5%

Ce taux de 20,315% est comparable au PFU français de 30% — légèrement plus avantageux.

Assurance santé au Japon

Le Japon dispose d'un système de santé universel de très haute qualité. Les résidents (même temporaires) sont généralement obligés de s'inscrire au Kokumin Kenko Hoken (assurance nationale) ou au Shakai Hoken (assurance sociale des salariés).

Prime : variable selon revenu et commune — environ 5-10% du revenu pour l'assurance nationale.

Pour les premiers mois avant inscription : Cigna Global ou ACS Monde.

Démarches pratiques

  1. My Number (個人番号) : numéro d'identification nationale — reçu automatiquement lors de l'enregistrement à la mairie
  2. Enregistrement à la mairie (役所) : obligatoire dès votre arrivée au Japon (zairyu card pour les étrangers)
  3. Déclaration fiscale : via le National Tax Agency (NTA) — formulaire kakutei shinkoku avant le 15 mars
  4. Compte bancaire japonais : Japan Post Bank (ゆうちょ銀行), Mitsubishi UFJ (MUFG), Mizuho, Sumitomo Mitsui

Transferts France-Japon : Wise offre d'excellents taux EUR/JPY — très significativement plus avantageux que les virements bancaires classiques sur les grands montants.

Pour la planification successorale franco-japonaise ou les spécificités fiscales du résident non-permanent, contactez-nous pour une mise en relation avec un zeisoshi (expert fiscal) japonais ou un cabinet franco-japonais.


Les informations de cet article sont basées sur la législation fiscale japonaise en vigueur en 2026. Les droits de succession japonais et l'impôt national sont complexes et peuvent évoluer. Un conseil professionnel est indispensable.

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Questions fréquentes

Le Japon impose-t-il les revenus mondiaux d'un résident fiscal étranger ?
Cela dépend de votre statut. Les résidents permanents et les résidents de longue durée (≥ 5 ans au Japon sur les 10 dernières années) sont imposés sur leurs revenus mondiaux. Les 'résidents non-permanents' (statut valable pendant les 5 premières années de résidence) sont uniquement imposés sur leurs revenus de source japonaise PLUS leurs revenus étrangers rapatriés au Japon. Cette distinction est cruciale pour la planification fiscale.
Les droits de succession au Japon sont-ils vraiment très élevés ?
Oui, le Japon a l'un des régimes de droits de succession les plus lourds au monde : taux marginal maximum de 55% pour les transmissions directes (parents → enfants). L'abattement de base est de 30 millions JPY + 6 millions JPY par héritier légal. Pour un patrimoine important, ces droits peuvent être très significatifs — d'autant que les héritiers résidents japonais sont imposables sur les biens mondiaux du défunt. La planification successorale franco-japonaise est indispensable.
Qu'est-ce que le NISA japonais et comment fonctionne-t-il pour les expatriés ?
Le NISA (Nippon Individual Savings Account) est l'équivalent japonais du PEA/CELI : compte d'épargne permettant d'investir en franchise d'impôt sur les dividendes et plus-values. Depuis 2024, le nouveau NISA offre deux composantes : Growth (croissance) avec 2,4 millions JPY/an et Tsumitate (versements programmés) avec 1,2 million JPY/an, sur une durée illimitée. Accessible aux résidents au Japon. Attention : la France ne reconnaît pas le régime fiscal du NISA — revenus traités comme ordinaires si vous avez des obligations déclaratives françaises.
Comment est imposé un salarié français à Tokyo ?
Un salarié résident fiscal japonais est soumis à l'impôt national (shotokuzei) au taux de 5% à 45%, plus l'impôt local résidentiel (juuminzei) de 10% flat, plus les cotisations sociales (retraite 9,15%, maladie ≈4,99%, emploi 0,6%). Pour un salaire de 8 000 000 JPY/an (≈ 50 000 €), le taux effectif total dépasse 30%. C'est une charge fiscale comparable à la France voire supérieure pour certains niveaux.
Avertissement légal : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. La fiscalité évolue régulièrement et les situations individuelles varient. Avant toute décision, consultez un conseiller fiscal qualifié et vérifiez la réglementation en vigueur dans votre pays de résidence.